Chef DUSSAU & CO – Les pets de nonnes

Après les merveilles, les « pets de nonnes » ou « beignets de Carnaval » comme on les appelle ici dans la Gascogne. L’origine de cette préparation viendrait, comme son nom le dit, d’un pet d’une nonne de l’abbaye de Marmoutier, qui s’appelait Agnès. Cette abbaye était d’ailleurs très réputée car ses pensionnaires faisaient des pâtisseries de très bonne qualité et beaucoup de gens couraient y prier afin de manger les friandises. Un jour, alors que tout le monde s’affairait à préparer un délicieux repas, notre chère Agnès péta si fort que ses copines en s’esclaffant laissèrent tomber dans un bain d’huile bouillant, des boules de pâte qu’elles s’apprêtaient à mettre au four. Ces boules se mirent à gonfler… Vous comprenez que le nom de la friandise fût évident !
Je vais vous donner ma recette, celle que j’ai apprise par ma mère d’abord, et ensuite dans les différentes régions où je suis passé au cours de ma carrière. Il vous faut : 1/4 de litre de lait, 50g de beurre demi-sel, 20g de sucre, 1 gousse de vanille, 2 feuilles de laurier, 130g de farine T45, 3 oeufs fermiers, 1 citron vert, 30g d’extrait de fleur d’oranger et du sucre semoule pour assaisonner les beignets.
Faire chauffer le lait avec les feuilles de laurier. Ajouter le beurre demi sel, le sucre, la gousse de vanille ouverte dans la longueur et grattée pour bien faire tomber les grains, la fleur d’oranger. À ébullition, ôter la casserole du feu et laisser infuser 5 minutes, puis enlever la gousse de vanille et les feuilles de laurier. Verser la farine en une fois dans la casserole et bien mélanger. Remettre sur le feu pour dessécher la pâte en remuant sans arrêt, pendant 8 à 10 minutes, à feu moyen. Ôter du feu et ajouter les oeufs, un par un dans la pâte en malaxant bien. Faire chauffer votre friteuse à 160 degrés. Prélever des petites boules régulières de pâtes à l’aide d’une cuillère et les plonger dans l’huile chaude. Avec une pâte bien réussie, les beignets doivent se retourner seuls dans la friture. Enfin, pas forcément tous non plus donc il faut les aider un peu et surveiller sans arrêt. Une fois sortis, les égoutter sur du papier absorbant et saupoudrer de sucre tant qu’ils sont encore chauds. Dégustez-les tièdes, c’est bien meilleur ! Bon, fini la période des plaisirs un peu grassouillets ! La semaine prochaine les recettes du carême… enfin quelques une, en continuant de se faire plaisir, n’est-ce-pas ? Adishats lous amics !

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