Ces réseaux qui vous aident à consommer local (1/3) : De notre terre à votre table

A l’approche des fêtes, pourquoi ne pas favoriser le circuits courts et les producteurs locaux pour vos repas et vos cadeaux ? Durant ces trois prochaines semaines, découvrez ces réseaux qui vous aident à consommer local. Première partie dans la communauté de communes de Fumel-Vallée du Lot, auprès des producteurs du réseau « De notre terre à votre table ».

« C’est ça le vrai métier d’agriculteur »

Créé en 2011, à l’initiative de l’ancienne communauté de communes de Fumel, le réseau fermier « De notre terre à votre table » recense aujourd’hui 36 exploitations revendiquant le principe du circuit court et la notion du bien-manger. Présents depuis la création du réseau, Alain et Marguerite Gary, ainsi que leur fils Thomas, éleveurs de canards gras, au lieu-dit Le Bouyssou à Saint-Georges, y ont vu l’opportunité de mieux faire connaître leur activité.

Un point de vente sur l’exploitation Aux Bons Canards existe déjà depuis 20 ans. Un choix délibéré qui tient particulièrement à cœur à Alain Gary : « C’est ça le vrai métier d’agriculteur, revendique-t-il. C’est produire pour donner aux clients. J’ai travaillé avec des négociants pour les céréales, les pruneaux, les légumes, mais on n’y trouvait pas notre compte. Aujourd’hui, en vendant exclusivement en direct, on vit mieux de notre élevage. »

La création du réseau « De notre terre à votre table » a été accueillie comme « un plus » et l’opportunité de se faire connaître localement. « On voit toujours le pire à la télé, mais on sent bien que depuis quelques années, les gens reviennent vers les petits producteurs, souligne l’éleveur. Avec ce réseau, on a plus de clients à la ferme qu’autrefois. » La vente des produits est donc assurée en direct tous les jours à la boutique de l’exploitation, l’été sur les marchés gourmands ou sur le marché paysan de Saint-Georges ou bien par correspondance. « Au fur et à mesure des années, les clients sont devenus des amis », se ravit Marguerite, toujours prête à faire visiter l’exploitation familiale et à donner des conseils pour découvrir d’autres producteurs du réseau. « Ceux qui ont fait cette démarche de venir jusqu’à nous auront sûrement un intérêt pour les autres. »

Élevés en plein air, sous l’ombre des pruniers, les 1 800 canards de la ferme sont gavés à l’ancienne, sur paille, avec le maïs entier issu de l’exploitation. Tous les produits sont ensuite cuisinés de manière traditionnelle, sans colorant ni conservateur, dans un atelier agréé, puis mis en conserves à Anthé. Foie gras, daube aux pruneaux, cassoulet, saucisses confites, cous farcis, magrets, pâtés, frittons… sont vendus toute l’année, avec un pic d’activité durant les fêtes. « La période représente 75 % de notre chiffre d’affaires », souligne Alain Gary. La famille sera donc présente ces 7 et 8 décembre sur le marché de Noël de Trentels et le 14 décembre sur celui de Saint-Georges.

« Préserver le lien social et l’économie locale »

Installés depuis un an au lieu-dit Caday à Saint-Vite, Lucie et Jérôme Pochoy-Palanque ont tout de suite adhéré au réseau « De notre terre à votre table ». Une démarche évidente pour ce couple de maraîchers qui utilise cet outil comme vecteur de lien économique et social.

Installés à Lacapelle Cabanac dans le Lot depuis 10 ans, Lucie et Jérôme ont passé la frontière il y a un an pour venir s’installer à Saint-Vite, en raison « d’une meilleure terre pour faire pousser nos légumes et du bassin de population plus dense, plus jeune et plus dynamique ». En rachetant les terres maraîchères de M.Bonnet, le couple perpétue la tradition du lieu, cultivant plus de 350 variétés de légumes bio toute l’année. Une diversité qui leur permet de développer plusieurs axes locaux d’activité pour vivre de leur exploitation. « Notre modèle, c’est nourrir les gens du coin », explique Jérôme. Logiquement, Les Paysbio ont rejoint le réseau de producteurs « De notre terre à votre table ». « L’aspect local est d’autant plus important ici qu’il y a une perte de dynamisme économique. Notre objectif est donc de sauvegarder le lien social tout en participant à l’économie locale, détaille le maraîcher. Notre discours tient aussi en disant aux gens que l’achat de nos légumes favorise l’embauche locale de deux à trois saisonniers par an. C’est un juste retour des choses. »

Les légumes Paysbio dans nos assiettes

Déjà présents sur les marchés de Puy l’Évêque et de Prayssac, Lucie et Jérôme tiennent en plus un point de vente à la ferme les lundis et vendredis de 17 heures à 19 heures. L’occasion de faire taire les polémiques autour du bio et de partager leur travail « Les gens voient très bien quand ils viennent à la ferme que la botte de radis vient du champ juste à côté. Plus le temps passe, plus les gens sont convaincus, plus on voit de nouveaux visages à la ferme. Il y a un basculement qui est en train de s’opérer », analyse Jérôme.

Les légumes Paysbio se retrouvent aussi dans les plats du Bistro Chic de Libos, du Terminus à Villeneuve-sur-Lot ou encore dans les assiettes des élèves de l’école de Trémons. Lucie et Jérôme accueillent également les scolaires de Saint-Vite avec lesquels ils ont créé un carré potager à l’école. « Cet été, nous avons organisé des repas à la ferme, ajoute Lucie. Tout le monde mangeait ensemble un repas élaboré avec nos légumes et les produits d’autres producteurs comme les fromages de la ferme de Coustètes, les volailles de Belvès, des jus de fruits produits à Monflanquin… » Le prochain rendez-vous est fixé au 20 décembre avec un apéro paysan de Noël.

Des moments conviviaux qui permettent au couple de rencontrer du monde, de discuter, de bénéficier tout simplement eux aussi de ce lien social, essentiel pour ne pas se sentir isolés à la ferme.

Redynamiser le réseau

« Notre volonté est de travailler en commun », ajoute Jérôme qui a travaillé durant 15 ans dans le champ social dans le sud-est de la France. Un endroit où il a notamment développé des « réunions bout de champ » pour parler techniques agricoles. « Pourquoi pas le faire ici ou réfléchir à un principe d’achat groupé entre agriculteurs ? Il y a matière à le faire surtout avec la diversité des produits sur le territoire », lance-t-il, prêt à donner une nouvelle impulsion au réseau « De notre terre à votre table ».

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