Jeudi dernier se déroulait la 4e édition du Duoday. à cette occasion Pascal Joret, propriétaire des pépinères du Pont-Canal recevait Amélie Van-Morisse. A bientôt 19 ans, la jeune femme inscrite à l’institut médico-éducatif de Fongrave-Layrac souhaite un jour travailler dans le domaine horticole.
Il est 14 heures, Amélie sort de la voiture de son père. Elle revient de sa pause déjeuner et est prête à s’occuper des plantes abritées sous les serres des pépinières du Pont-Canal. Elle retrouve Pascal Joret son binôme du jour, qu’elle connait bien puisque cela fait six mois qu’elle fait un stage chez le pépiniériste, et Jean-Robert Nortier, le directeur de l’IME de Fongrave-Layrac, où elle passera bientôt un équivalent CAP d’ouvrier paysagiste. Depuis 9 heures ce matin là, la jeune femme s’occupe de clipser les géraniums, d’installer les fleurs à la vente, de les emballer… Derrière ses gestes assurés, Amélie cache une maladie, une déficience intellectuelle, qui ne l’a pourtant pas empêchée de trouver sa place au sein de l’équipe, composées de cinq professionnels. « Maintenant je me sens à l’aise, j’aime ce que je fais, ça m’intéresse beaucoup puisque, depuis longtemps, je souhaite travailler comme fleuriste ou horticultrice », sourit-elle. Une confidence qui réjouit Pascal Joret. Pour l’homme qui a reprit l’entreprise familiale il y a une trentaine d’années, participer au Duoday symbolise l’aboutissement du travail effectué avec Amélie : « Ça concrétise notre travail et permet de montrer ses capacités, sa volonté à y arriver et pour nous, de passer outre les préjugés sur le handicap. Bien sûr, je suis attentif à son bien-être et adapte la charge de travail » précise le professionnel, qui n’exclut pas d’offrir à la jeune femme un contrat d’apprentissage.
Une opportunité d’entrer dans la vie active
Amélie fait partie de la quinzaine de duo formée par l’IME de Fongrave-Layrac à l’occasion du Duoday. L’établissement géré par l’association laïque de gestion d’établissement d’éducation et d’insertion (ALGEEI) accueille 60 jeunes de 12 à 20 ans en situation de handicap, et facilite leur insertion dans la vie active en leur permettant d’obtenir des qualifications équivalentes à des CAP d’agent de restauration, d’ouvrier paysagiste ou encore d’agent de propreté. Pour son directeur, Jean-Robert Nortier, le Duoday est « l’opportunité de mettre des jeunes en situation de travail en milieu ordinaire et pourquoi pas de valider un projet professionnel et d’aboutir sur un contrat d’apprentissage ou une embauche. Ce fut d’ailleurs le cas l’année dernière avec une de nos élèves, Samantha, qui est aujourd’hui salariée de l’entreprise agenaise Kalhyge. »
Laurine Jacquot
Participation record pour l’édition 2019
Le Duoday c’est 12 854 duos formés à l’échelle nationale en 2019 contre seulement 4 000 l’année dernière. Parmi eux 328 duos ont été formés dans le Lot-et-Garonne et accueillis par 179 employeurs le temps d’une journée dans l’objectif de dépasser les préjugés sur le handicap et avancer vers l’inclusion dans la vie professionnelle.