Flavien Ducellier, le motonautisme coule dans ses veines

A tout juste 24 ans (ce 10 octobre), Flavien Ducellier défie les éléments à bord de son bateau de vitesse. Depuis ses 16 ans, le Pujolais pratique le motonautisme et a conclu cette saison en s’offrant un titre de champion du monde d’endurance avec son équipe Team Arion Rouen. Un exploit pour le jeune homme qui n’a plus le droit de s’entrainer sur le Lot depuis deux ans, suite à un arrêté préfectoral.

La comparaison s’applique comme avec Obélix, le motonautisme, Flavien est tombé dedans quand il était petit. Sa mère et ses deux frères, tous les trois pilotes, lui ont transmis le virus. Et comme la vie fait parfois bien les choses, la famille habitait alors à Rouen, où se déroule la plus grande course au monde de motonautisme, « Les 24 heures de Rouen », qui attirent chaque année près de 400 000 spectateurs. Pas étonnant que dès ses 16 ans, Flavien ait passé l’indispensable permis bateau mer et rivière pour lui aussi survoler les flots.

« Le motonautisme c’est une course de voiture sur l’eau », décrit Flavien qui évolue dans la plus petite des catégories, la F4. à ce niveau, les bateaux sont poussés jusqu’à 120 km/h. Ils peuvent atteindre 250 km/h en F1. Que ce soit en course de vitesse ou d’endurance, le danger est omniprésent, « car une fois le bateau lancé, il n’y a plus que l’hélice en contact avec l’eau. La moindre vague ou le moindre coup de vent peut faire décrocher l’hélice et retourner le bateau ». Les éléments de sécurité sont donc nombreux et chaque année, les pilotes sont soumis à un test d’immersion pour vérifier leurs capacités à se sortir de la cabine de leur bateau retourné. « C’est le test que tout le monde redoute, confie Flavien. D’autant que pour ma part j’ai horreur de l’eau et d’être enfermé. » Plutôt surprenant ! Mais ce qui plaît au jeune pilote, ce sont la mécanique et les sensations fortes. « La peur s’envole dès que je suis dans le bateau. »

Des bâtons dans l’hélice

En 2014, Flavien intègre l’équipe Arion Racing Rouen avec laquelle il dispute les épreuves du championnat de France. En 2018, il se classe quatrième dans la course individuelle d’endurance, sa spécialité. Et cette année, il s’adjuge pour la quatrième fois, avec cette même équipe, le titre de champion du monde en endurance. Des résultats qui reflètent le talent de Flavien, particulièrement lorsque l’on sait que la pratique du motonautisme est interdite depuis deux ans sur le Lot. « Mes seuls entrainements ce sont les essais avant les courses. Avant j’étais accueilli à la base de Rogé à Villeneuve-sur-Lot, mais un arrêté préfectoral m’interdit de pratiquer le motonautisme car le bateau est considéré comme faisant des vagues et abimerait les berges. Personne n’est jamais venu voir avant de prendre cette décision. En motonautisme, le bateau fait moins de vagues qu’un bateau de pêche », défend le pilote. Flavien a bien tenté de demander une dérogation de deux heures par mois, en vain.

Par méconnaissance de cette pratique sportive, les sponsors sont font rares. S’il peut aujourd’hui compter sur le soutien de ses amis et de son patron, Daniel Brait, son « premier partenaire », le jeune homme complète de sa poche pour poursuivre sa passion. « La participation à l’écurie pour le championnat, une saison de courses et l’entretien du bateau représentent 8 000€ pour une saison », détaille le Pujolais contraint de renoncer à son rêve d’évoluer dans la catégorie supérieure faute de moyens. C’est donc une autre course qui s’engage pour Flavien dans la recherche de sponsors et d’aide pour son entrainement, avant la reprise de la saison en mai prochain avec « Les 24 heures de Rouen ».

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