Penne d’Agenais : Une Maison de santé « exemplaire » tournée vers l’avenir

Après dix ans de projet, de discussions et de travaux, la Maison de Santé Pluridisciplinaires (MSP) de Penne d’Agenais a officiellement été inaugurée vendredi dernier. Déjà complet, l’établissement et son fonctionnement font office d’exemple dans le département.

Deux kinésithérapeutes, deux psychologues, deux dentistes, deux infirmières, une diététicienne, l’Union Nationale de l’Aide, des Soins et des Services aux Domiciles (UNA), le service Soins infirmiers à domicile (SSIAD) et surtout trois médecins généralistes, la MSP de Penne a de quoi faire des envieux. Là où nombre de communes cherchent encore comment remplir les leurs ou attirer des médecins, l’établissement fonctionne au maximum de ses capacités. Un véritable exemple dans le domaine médical et symbole d’espoir face à la désertification médicale.
Il aura tout de même fallu 11 ans pour que ce projet voit le jour et soit entièrement opérationnel. D’un budget de 800 000 euros hors taxe, la commune n’a pas hésité à investir et à voter à l’unanimité une avance de trésorerie à la communauté de communes de Fumel-Vallée du Lot pour sa réalisation, également subventionnée par l’État et le département. Il a fallu convaincre les médecins du territoire du bien-fondé du projet et établir des règles de pratiques communes. De quoi, aujourd’hui, faire la fierté du maire, Arnaud Devilliers, particulièrement concerné par les questions de santé sur le territoire : « L’aventure ne fait que commencer ! »

Des professionnels de santé engagés dans un même objectif

La MSP de Penne constitue un ambitieux projet de collaboration médicale. Tout d’abord avec la maison de santé annexe de Saint-Sylvestre-sur-Lot et l’hôpital local, avec lequel les passerelles sont quasi permanentes. Le territoire de Penne-Saint-Sylvestre compte désormais 7 médecins généralistes pour 8 000 patients. « Avant que la MSP sorte de terre, nous avions déjà les médecins. Ils ont été au cœur du projet et moteurs pour sa création et son fonctionnement, particulièrement le docteur Marie-Claire Hommeau », précise Arnaud Devilliers. Une organisation particulière puisque les élus et professionnels constituent une association qui se réunit pour valider l’arrivée de nouveaux praticiens. Une manière de s’assurer de la bonne adhésion du candidat au projet.
Un fonctionnement qui a séduit des professionnels de santé d’autres régions, à commencer par Cédric Feijo et Luis Miranda, les deux kinésithérapeutes. Ils ont été les premiers à s’installer, dès 2016. « J’étais en Côte d’Or, raconte Cédric. Luis est un ami de promo avec qui on cherchait une MSP, pour travailler ensemble. En 2015, on a entendu parler du projet de Penne et on est venu rencontrer le maire et les médecins. En trois mois notre cabinet était prêt. » Cette volonté de travailler en collaboration a également convaincu le docteur Conort. Après s’être renseigné sur diverses MSP, le professeur à l’université de Bordeaux a finalement retenu celle de Penne : « La possibilité de travailler avec plusieurs professionnels de santé, d’accueillir en interne et en collaboration les collègues et tout simplement l’envie de travailler ensemble donnent une dynamique locale intéressante. »

Penser à demain

Victime du succès de son projet médical, la commune est régulièrement sollicité : il a fallu voir plus grand et aménager un étage, où se trouve désormais une salle d’éducation thérapeutique, servant aux réunions entre les professionnels et aux actions de formation prodiguées par la diététicienne dans le cadre de l’orientation nutrition de l’hôpital local. L’équipe devrait être rejointe par une sage-femme avant la fin de l’année et un ergothérapeute, une fois leurs candidatures cooptées par l’association.
Qualifiée « d’exemple » par l’Agence régionale de santé, la MSP de Penne constitue également un territoire de stage pour les médecins de demain. Comme une condition à l’installation, les trois docteurs sont maîtres de stage et accueillent deux internes. Ces étudiants profitent de l’expérience des trois docteurs mais aussi de la pratique hospitalière. Un apprentissage de différents modes d’exercices dans un environnement rassurant. « La clef à l’installation de jeunes médecins sur le territoire », rappelle Arnaud Devilliers.

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